Obstacles,Entrepreneuriat

C’est impossible, vous êtes trop jeunes (et autres histoires)

Le 23 janvier 2011 par Anthony dans Entrepreneuriat.


J’ai commencé la création d’entreprise il y a environ 2 ans, dans ce beau pays qu’on appelle la France, avec la création de mon auto-entreprise, fournissant des services de développement web aux entreprises. Quelques bons contrats honorés, quelques problèmes surmontés et de très bonnes rencontres m’ont mené à fonder l’agence web Wype un an plus tard, entouré de très bons partenaires. Ces deux années très chargées m’ont permis de retenir quelques histoires qui sèmeront votre chemin d’embûches.

You may say I’m a dreamer

Arrête de rêver

Obama, yes we can

« Parce que tu crois au père-noël toi ? », « Si tu pouvais gagner de l’argent en faisant un boulot qui te plait tout en étant ton propre patron ça se saurait. », « Combien sont devenus riches en lâchant le modèle traditionnel ? »
Le pourcentage doit être minime oui, mais pourquoi pas vous ? Les gens admirent ceux qui ont su saisir les bonnes opportunités et faire des choses qui ont changé des vies, et pourtant ils font tout sauf vous encourager lorsque vous essayez de le devenir vous même.
Pourquoi ? Jalousie ? Peur que vous fassiez les mauvais choix ? Sûrement un peu des deux. Changer les préconçus rappelle à ceux qui sont dedans que s’ils n’ont pas la vie à laquelle ils aspiraient c’est certainement qu’ils n’ont pas pris les risques qu’il fallait. Oubliez les « ça ne marchera jamais » et croyez en vos projets, si vous échouez vous ne regretterez pas d’avoir tout mis de votre côté pour réussir, et vous retenterez sûrement l’aventure, parce qu’après tout on ne devient pas entrepreneur, on naît ainsi.


Zuckerberg, plus jeune milliardaire du monde

C’est impossible vous êtes trop jeunes

Pas assez d’expérience, vous manquez une partie de ce que le monde a à vous offrir. Oui, c’est un risque, mais après tout si ça marche l’expérience viendra en chemin. Et le monde nous offrira d’autres choses. Vous connaissez beaucoup de moins de 25 ans qui peuvent vous dire qu’ils vivent de ce qu’ils ont créé, qu’ils ont pu explorer les recoins de la législation française, fait valoir leurs droits devant des tribunaux, imposés leurs visions et vécus leurs rêves ?
On fait des films sur Mark Zuckerberg, prêche la paroles de Steve Jobs, et pourtant ils ont commencé tôt, lâché leurs études pour se consacrer à ce qu’ils pensent être la bonne chose. Pesez le pour et le contre et embrassez vos rêves !

- J’ai créé plusieurs entreprises, j’ai créé 150 emplois.
- Mais vous avez quel âge ?
- J’ai 27 ans.

Loïc Le Meur – Jacques Chirac

Se fermer aux autres c’est mal

Un peu dans la continuité du « vous êtes trop jeune ». J’ai rencontré une personne qui avait le pouvoir de simplifier un peu le développement de ma société. Au lieu d’ouvrir sa porte et d’essayer réellement de m’aider, elle s’est bloquée sur le risque d’un manque d’ouverture aux autres.
Ce risque est bien entendu existant, c’est à vous de le contourner, de vous investir dans des communautés, d’apprendre des autres, et honnêtement, ce n’est pas bien compliqué, en particulier avec cet outil merveilleux qu’est internet.
Alors que répondre à ce genre d’affirmation ? Entreprendre est risqué, isolement, finances, chômage et j’en passe, lorsque vous avez décidé de vous engager dans cette voie c’est en étant conscient de ces risques.
Expliquez clairement pourquoi ces risques sont bons à prendre et comment vous comptez faire en sorte de passer ces épreuves avec succès.

Un problème de crédibilité

Tu travailles ? Arrête de mentir t’es chez toi

Et oui, parfois les obstacles viennent de ceux qu’on apprécie le plus, nos amis. Sans qu’ils s’en rendent forcement compte, c’est insister sur votre présence à une soirée qui vous fera perdre du temps précieux pour développer votre activité si vous n’avez pas la force de dire « non » de peur de les froisser. Ou alors votre femme qui vous forcera à aller chercher votre gamin à l’école alors que vous êtes proche d’une deadline importante.

Comment leur en vouloir quand dans notre culture le travail est associé à « métro-boulot-dodo » et que vous travaillez chez vous ? Et bien essayez de les confronter à votre mode de vie, parlez leur de vos problèmes, des enjeux d’un contrat et des difficultés que vous rencontrez. Ils se rendront compte qu’au final ce n’est pas si éloigné de ce qu’ils subissent tous les jours, avec bien entendu des avantages non négligeables (ne pas prendre ce maudit RER !), et des désavantages importants (vais-je manger le mois prochain ?). Vous éviterez les « MOI je me lève à 6h c’est pour ça que je suis crevé » alors que vous faites du 60h+ par semaine.

Oui mais tu fais quoi dans la vie ?

Tiger Woods

« Et sinon c’est quoi ton vrai job ? ». J’ai toujours trouvé très frustrant le fait d’être perçu comme un amateur pour avoir choisi de travailler en solo ou de ne pas avoir 500 employés. Lorsque la limite entre le travail et la vie privée est aussi fine, notre entourage a tendance à ne pas prendre notre vocation au sérieux. Pour certains c’est un hobby, d’autres un moyen de se la couler douce, et lorsque que votre entreprise grandi vous devenez le patron qui exploite ses employés pendant qu’il va jouer au golf.
Si c’était si simple tout le monde vivrait de ses rentes. Pour en arriver là il y a forcement un investissement énorme (en temps, argent…) et de longs mois dans la précarité.

Je peux voir ce que t’as fait ?

Ou le traditionnel « t’es vraiment qualifié ? ». C’est quelque chose de récurrent dans le web, puisque notre travail est très souvent public et visible depuis un navigateur.
On veut voir ce que tu fais Alors c’est sûr que ça part d’un bon sentiment, l’envie d’être certain que la personne que l’on va contracter ait les compétences nécessaires, mais est-ce qu’on demande à un boulanger/pâtissier de goûter sa baguette avant de l’acheter ?
Lorsqu’on lui commande un gâteau différent de ce qu’il a en vitrine, on ne lui demande pas d’avoir des photos et des échantillons de celui qu’il avait fait par le passer. Idem pour votre plombier, vous partez du principe qu’un professionnel engage sa responsabilité et qu’il fera du bon travail.

Quand la personne qui vous le demande n’est pas votre client l’enjeu n’est pas important et vous pouvez passer votre chemin, cependant si c’est un client, il est toujours bon d’avoir quelques réa’ dans son portfolio pour conclure l’affaire. Si vous vous lancez, il y a de fortes chances que vous ayez à faire des projets de votre côté avant de pouvoir gagner décemment votre vie.

L’argent n’a pas d’odeur, mais quand t’en a pas, ça pue

Mais, t’as pas d’argent ?

Dans l’imaginaire collectif, l’entrepreneur a énormément d’argent et son unique but est d’en avoir plus. Cette fausse image véhiculée pose deux problèmes :
- Si votre entreprise vous permet de vivre très confortablement, vous êtes le mal capitaliste incarné.
- Si vous avez « seulement » de quoi vivre, vous êtes un raté.
Alors bien sûr j’ai rencontré beaucoup d’entrepreneurs dont le seul but était de s’enrichir, de n’importe quelle manière, mais n’est-ce pas équivalent à cette prime que tous espèrent ou à l’espoir de gagner au loto ? La société est comme ça, si l’argent ne fait pas le bonheur, il y contribue fortement.
D’un autre côté, pour beaucoup, le but d’entreprendre est de pouvoir vivre de son travail, en prenant ses décisions, étant indépendant et c’est la seule façon de se sentir épanoui dans sa vie professionnelle. Nul besoin d’être multimilliardaire pour apprécier les repas payés par une activité créée de ses propres mains.

Je sais le faire mais j’ai pas le temps

Des fois vous croiserez des personnes, que ce soit des clients ou des connaissances, qui par méconnaissance de votre métier sous-évalueront vos compétences et vous prendront de haut.
Ces personnes vous diront certainement une phrase du genre « je sais le faire, mais j’ai pas le temps ». En gros, ton travail est simple, la seule raison pour laquelle je ne le fais pas c’est que mon emploi du temps ne m’en laisse pas le loisir.
Pour couper court à des demandes de travaux gratuits puisque « simple et rapide », montrez une partie complexe de votre métier. J’ai eu un client qui pensait que pour créer un site internet il suffisait de cliquer sur des boutons, ouvrir une page de code devant lui a suffit à lui faire comprendre la complexité de mon activité, et que chaque euro facturé l’est pour une bonne raison.

Deviens riche avec moi

Caricature de Bernard Madoff

Sans doute le pire. Un mois plat, peu de clients et des contrats inintéressants, quand se pointe à votre porte un mec avec un projet formidable.
C’est sûr il va devenir milliardaire, il a eu l’idée du siècle, celle qui d’après son business plan va lui rapporter des millions en moins d’un an. Il expose le projet et dit qu’il cherche un prestataire pour un partenariat, qui lui développera le produit et qui sera rémunéré sur les bénéfices…
Vous l’avez déjà rencontré ? Alors vous savez ce qu’il faut faire : fuir !!
Pourquoi ? C’est simple, si le type prétend gagner des millions en peu de temps et qu’il n’est pas capable de réunir quelques dizaines de milliers d’euros pour créer la chose, c’est qu’il ne croit pas vraiment à son idée, il souhaite simplement vous faire porter le risque au cas où le projet ne marche pas.

Et autres histoires…

C’était ma petite sélection, je pense en avoir encore beaucoup d’autres à raconter, et plus les années passeront plus il y en aura. J’espère que le fait de se rendre compte que ça n’arrive pas qu’à soi vous aidera à surmonter les épreuves et à vous détacher suffisamment pour ne pas vous faire des nœuds à l’estomac. ;)

Crédits photos : Michael G., Kerry Waghorn, N.C Winters, Willem, Don Rosa, Jason Seiler


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Vos commentaires sur C’est impossible, vous êtes trop jeunes (et autres histoires)

(11) Obstacles,Entrepreneuriat - Réagissez !
Julien

24 janvier 2011 à 15 h 49 min

Super article, je me suis régalé. Tout est tellement vrai !


Alex, referenceur

24 janvier 2011 à 21 h 26 min

C’est limpide, bien illustré et bien écrit, on en redemande…
ps : la segmentation Hn est un régal….

Bonne continuation, et que ça Wype !!!


imotep web

26 janvier 2011 à 18 h 57 min

Bravo pour cet article tellement vrai! »
En france, quand on veut tenter quelque chose,

dans un 1er temps, c’est: ça ne marchera pas , tu ne te rends pas compte!!! »
En 2ème temps, c’est: « Oui, bien sur mais tu ne gagnes pas assez d’argent »
ensuite, on a aussi: « t’as vu le temps que tu passes au boulot et pour quoi?? »
Si jamais on se plante, alors là: « Je te l’avais dit que ça ne marcherai pas !!! »
Et quand ça fonctionne, c’est:  » on a toujours été amis n’est ce pas? »

Pathétique…
Pourquoi la france est considéré comme un pays de pantouflards?

Parce que tout le monde te dit de le faire !!!


Vanessa, Photos californie

10 février 2011 à 17 h 05 min

Merci pour ce billet, ça remonte le moral crois moi.
Je viens d’entendre sur la webradio wedoobiz, un jeune qui sortait d’école de commerce qui a eut énormément de mal a trouver un financement auprès des banques. Non pas que son business plan était mauvais mais uniquement parce-qu’il était trop jeune, sans expérience. Il faut bien commencer un jour !


nico, opticien geneve

25 février 2011 à 17 h 48 min

LOL, super article je me reconnais, j’ai lancé ma freelance il y à 5 mois, ca démarre doucement mais surement , j’ai moi même des réflexions du genre : » quand tu auras suer ce que j’ai suer..tu pourras parler » , oui car lui il sue à l’usine du coin mais moi j’en ai bavé dans les études à galérer avec trois franc six sous et même en sortant car j’ai des rêves et de l’ambition, contrairement à lui…

Pour répondre à Vanessa au dessus: bah oui trop jeune, sans expériences…c’est pathétique de voir le nombre d’offre avec des années d’expériences énormes dans certains domaines alors qu’il cherchent des  » juniors » ( pour les payer au lance pierre bien sur…) surtout que l’expérience du travail n’a parfois rien à voir d’une boite à une autre, d’un statut à un autre…

De toute façon en France dès qu’on sort un peu du lot, on est montré du doigt…


Maxime

25 février 2011 à 23 h 59 min

Un point à retenir : ne jamais s’excuser. Pendant qu’on passe des nuits blanches à réfléchir, à développer, à essayer de se faire connaître, etc. Les autres sont en boîte ou en train de faire une longue nuit de sommeil, pendant que nous on trime, et après on va nous dire quand on a eu de la chance de réussir…

@Vanessa et nico : La jeunesse, c’est vraiment dur à faire accepter. Ça parait injuste, mais on doit bosser plus pour arriver au même résultat pour que tous les bâtons qu’on nous met dans les roues ne suffisent pas pour nous ralentir. Personnellement, j’ai vu ça comme un challenge plutôt que comme un inconvénient.
Avec Wype on a travaillé dur (et on travaille toujours dur, on est loin d’avoir atteint nos objectifs), et petit à petit on nous a pris au sérieux. Maintenant que nos attitudes et nos discours sont rodés, les clients ne voient plus que nos compétences, notre jeunesse et notre soi-disant manque d’expérience sont totalement occultés par les solutions innovantes qu’on essaye en permanence d’apporter aux projets qui nous sont confiés. Il reste encore pas mal d’étapes à franchir qui arrivent bientôt, gros contrats, salariés, etc. Mais encore une fois, on essaye de garder notre ambition, notre passion et notre hargne au plus haut niveau, c’est le seul moyen de faire taire toutes ces mauvaises langues ;)


WebActus

4 mars 2011 à 15 h 07 min

Super article que je bookmark car très intéressant! Merci bien :)


NebulorD

5 mars 2011 à 1 h 31 min

Bravo !!! Trés bonne article.
Je me reconnais bien dans ce que tu écrit et j’ai même vécu pirt.
Je précise que je n’ai toujours pas lancé mon entreprise à cause de banquier plus que frileu, bon je les comprends je n’ai que 25 ans et en prime je fais un magasin de vêtement/bijoux fantaisie dans un style plus tôt original ( gothique, punk, rock, metal et country ).
Entre une banquiére qui me lance :
- Vous avez un C.V ?
- Nan, ca ne sert à rien je vais faire une formation de gestion/vente.
- # Elle me lance un regard de haut comme ci j’était un délinquant. XD #
L’autre banquier :
- # Il descend mon projet en me faisant comprendre qu’il ne vaut rien et qu’aucunne banque ne voudra suivre le projet, pourtant j’ai eu quatre personne qui ont validé mon projet. #
- # Je lui lance d’un ton neutre. # Je contacterais Julien Courbet ci personne ne veux de mon projet. # L’erreur fatal de ma part. #
- # Il commence à s’agiter sur sont fauteuil, veux même ce lever pour me donner un coup de poing ( véridique ), je préfer abréger le rendez-vous, heureusement j’ai pû partir sans encombre. #


Raphael, Location de robe

12 mars 2011 à 3 h 06 min

22 ans, première création d’entreprise. Peu de soutient. Milieu scolaire qui ne peut rien pour moi (université), banque (…. no comment), l’entourage est plus ou moins réceptif, en fonction de son age, les projets internet rendant frileux les gens nés après l’invention du CD.

Alors heureusement, il y a des structures alternatives, (concours Moov-jee notamment, salons et conférences, association…)

Heureusement sur internet, tu ne dois pas donner ton age et ton CV pour être écouté.


Maxime

12 mars 2011 à 3 h 15 min

Je crois que c’est LE gros avantage d’internet. Derrière un écran, il n’y a que les compétences qui comptent, peu importe si tu es jeune ou non. D’ailleurs, même en ayant une photo de nous dans la page équipe de l’agence, cela ne repousse pas les clients.


Max, Jouer au bingo

7 avril 2011 à 23 h 08 min

L’obstacle des amis je crois qu’on a tous connu ça, personnellement c’est ce qui m’a fait douter et j’ai failli tout arrêter en me disant que je travaillais trop… Ecoutez vos proches, vos amis, mais surtout ne faites pas ce qu’ils disent et restez bien focus sur votre boite


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